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Article l'Equipe: Gasquet en bleu de chauffe

Article l'Equipe: Gasquet en bleu de chauffe
Éliminé d'entrée à New York, le Français va sillonner le monde à la recherche des sensations perdues.

À TOUTE LA FRANCE du tennis rendue une nouvelle fois sceptique par les aventures déstructurées de son numéro 1, donnons d'abord de bonnes nouvelles : Richard Gasquet n'était pas exagérément abattu par sa déconvenue du premier tour face à Tommy Haas, pour un rendez-vous américain dont il attendait au moins la confirmation de son mieux-être entretenu ces dernières semaines. « Hier soir, Richard était moins touché que nous (son staff), qui étions marqués par cet échec, témoignait Nicolas Pérotte, son préparateur physique. Et c'est bien, car ça montre son envie de rebondir... » Inscrit ici en double avec Fabrice Santoro, il s'était d'ailleurs aussitôt retiré de la compétition pour optimiser ce flux de fraîcheur vers un objectif autrement plus avantageux pour la suite de la saison : le tournoi sur terre battue de Bucarest dans dix jours. Que retenir de son passage furtif à New York ? S'agacer du final effiloché face à l'Allemand, reconnaître la simple supériorité de Haas ou s'enthousiasmer sur ses séquences de flamboyance ? « Des très bonnes choses et des très mauvaises », avait synthétisé son coach, Guillaume Peyre.
Il y avait tout à prendre de ce match, révélateur parfait d'un garçon tout près du sommet et encore très loin des cimes. Sans coup droit ou presque, il avait donné du fil à retordre à un ex-numéro 2 mondial jamais aussi à l'aise qu'à l'US Open. Oui, mais, il avait flanché au cinquième set (son huitième perdu sur douze expériences) avec un scénario de montagnes russes assez inexplicable pour un garçon soumis à l'expertise rapprochée d'un staff très exigeant. Pour ceux qui jugent souvent sévèrement le Français, il ne faudrait pas oblitérer cette grosse crise du printemps qui ne se digérera pas d'une simple commande de l'esprit. Depuis, Gasquet a failli battre Murray à Wimbledon et a sonné Nadal sur un tie-break d'anthologie à Toronto.
Peyre : « Ni le plus beau ni le plus fort »
Pas mal, mais évidemment pas suffisant pour quelqu'un formaté pour s'installer durablement dans le top 10. Alors ? « Il est sur les bons rails, jugeait Guillaume Peyre. Le cap est en train d'être franchi parce qu'il bosse et s'investit beaucoup. » Mais, sans concession pour son poulain, l'entraîneur n'a pas hésité à aborder sans faux-fuyant le grand chantier du coup droit, le coup clé des grandes défaites du Français. « On sait tous qu'il “bug” parfois sur ce coup-là. Il se crispe, panique et il donne l'impression de se débarrasser de la balle. On en est encore à cette période où c'est soit un coup à quatre mètres de la ligne avec des mauvais ronds, soit des cachous aléatoires. Il est impératif qu'en match il progresse là-dessus, sinon il lui sera impossible de s'imposer au plus haut niveau. Richard n'est ni le plus beau, ni le plus fort. Il a encore énormément de travail. »Physiquement, le staff communiquait beaucoup ces derniers temps sur les nouveaux axes dédiés à la construction d'un athlète complet. Au vu du fléchissement face à Haas, cette nouvelle charte du travail n'a, là non plus, pas encore porté tous ses fruits. «Ça ne suffit pas encore, rapportait Nicolas Pérotte. Il faut renforcer la force musculaire et l'endurance en profondeur. Ça aidera Richard à être plus lucide et à éviter les moments de flottement que l'on a pu constater ici. Richard doit gagner en constance pour avoir de l'emprise et tenir dans les cinquièmes sets. C'est là-dessus que des gars du grand même âge comme Murray ou Djokovic ont fait la différence. Je compte beaucoup sur les six semaines de la préparation hivernale. »
En attendant les travaux forcés, Gasquet s'attellera à remplir les cases d'un planning gargantuesque l'envoyant successivement à Bucarest, Pékin, Tokyo, Moscou, Madrid, Lyon et Bercy. Requinqué depuis le mois de mai, mais toujours à la recherche d'un enchaînement convaincant de performances au creux d'une saison banale, le numéro 12 mondial tentera de compenser ses bons résultats acquis l'an dernier sous peine de chuter au classement. À la même époque, Gasquet avait cumulé un titre (à Bombay), une finale (à Tokyo), une demi-finale en Masters Series (Bercy) et l'apothéose au Masters de Shanghai. En cas de carte de perfs mal remplie, Gilles Simon (qui serait déjà à égalité de points avec Gasquet s'il parvenait en quarts à New York) serait en embuscade pour le titre honorifique de numéro 1 français. Mais pour Peyre, cette question de suprématie nationale n'était qu'un appendice au listing des choses à faire. « Tout ceci est aléatoire et pas franchement important. De toute façon, on voit plus haut... »
FRANCK RAMELLA
# Posté le jeudi 28 août 2008 11:48

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